L'EXPRESSION ORALE AU COLLEGE ET AU LYCEE (3)
La classe de seconde, l’Aide Individualisée
I. Rappel rapide de ce que disent les IO concernant l’oral
4 sous-entrées :
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Objectifs
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Genres de l’oral
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Démarches
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L’épreuve du bac (non développé dans le cadre de cette séance du GREL)
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Objectifs
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Oral comme moyen d’apprentissage et comme fin en soi cf. supra et la grande distinction oral spontané et oral préparé.
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Genres de l’oral
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Idée qu’il s’agit de faire percevoir aux élèves qu’il existe des genres codifiés de l’oral (comme à l’écrit)
Distinguer les genres de l’usage non littéraire (cf. genre du quotidien : conversation, récits etc. ; cf. genres scolairement identifiés : exposé, débats etc.) des genres littéraires liés à l’oralité (cf. chansons mais aussi genres proprement oraux, càd. susceptibles de variations selon les situations : contes, sermons etc. ; figurations écrites de l’oralité : le théâtre ; le dialogue)
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Démarches
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Cf. distinction établie supra (l’oral au collège) :
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la prise de parole devant un auditoire : lectures à haute voix, mises en voix, récitations de textes courts (= pratiques d’oralisation de textes étudiés) ; interventions préparées (= oral qui prend appui sur un écrit antérieur)
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l’échange oral (situation d’oral la plus fréquente) lequel engage des capacités d’écoute et de reformulation ; NB. : entrent dans ce type d’oral les activités de débats, de travaux de groupe, d’échanges d’impressions etc.
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Comment utiliser l’oral en classe entière pour aider les élèves en difficulté ?
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= Idée générale : faire plus et mieux participer les élèves en difficulté, c’est pouvoir les amener à progresser et à l’oral - ! -et à l’écrit.
Pbl : « élèves en difficulté » : quelles difficultés ? cf. grandes distinctions possibles :
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Diff. linguistiques (à l’écrit comme à l’oral)
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Diff. à lire un texte (càd. percevoir son sens, ses enjeux)
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Diff. à maîtriser les différents sujets d’écriture demandés au bac
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Diff. à intervenir oralement –dans le cadre d’un oral spontané ou préparé
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Cerner les difficultés :
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Ex. : les interventions orales spontanées : pbl divers : ex. : peu fréquentes voire inexistantes ; confuses ; non ordonnées ; peu ou pas de prise en compte de la parole d’autrui etc. Puis voir ce qui peut être résolu en classe entière ou en AI : cf. infra a.
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Concernant les diff. à lire et à comprendre les enjeux d’un texte ; recourir à l’oral en visant particulièrement les élèves en diff. cf. questions d’observation puis d’analyse puis éventuellement d’interprétation (voir aussi le rôle de l’AI infra a.)
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Faire mieux comprendre les enjeux des textes aux élèves, c’est à terme leur donner les possibilités d’améliorer aussi l’écrit.
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Diff. linguistiques orales : progressivement amoindries avec un oral plus fréquent
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Comment utiliser l’AI pour aider les élèves en difficulté à mieux maîtriser l’oral afin qu’ils maîtrisent mieux l’écrit ?
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Hypothèses…:
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Elèves qui interviennent rarement en classe spontanément et dont les résultats écrits sont ou moyens ou insuffisants.
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Elèves ayant des difficultés à l’écrit et dont le travail à la maison est insuffisant ; la classe a un ou des exposés à faire.
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La classe a une poésie à mémoriser –qu’elle a lue dans le cadre d’une LA
et suggestions :
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en AI, rassembler ces élèves :
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1er temps : faire un tour de table : formuler les raisons pour lesquelles la prise de parole est difficile (timidité, peur du regard des autres, peur du jugement des professeurs, fatigue, manque d’intérêt pour la matière, concentration difficile etc.) ; puis essayer de répondre à la question : « A quoi ça sert de participer ? » (« mieux comprendre le cours, faire des progrès en français, ne pas s’ennuyer » etc.)
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2ème temps : faire découvrir aux élèves le texte qui fera l’objet de la prochaine lecture analytique ; par exemple : se concentrer sur les toutes premières lignes : quel horizon d’attentes ? (cf. genre, thème, analyse de tel ou tel choix particulier etc.) ; faire prendre en notes les quelques points d’entrée dans la lecture –les élèves reformulent puis écrivent- ; confier alors aux élèves le soin d’intervenir lors de la séance prochaine en classe entière : ils auront à faire entrer leur camarade dans le texte, objet de la LA.
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Rassembler ces élèves en AI pour les accompagner dans la réalisation de leur exposé :
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1er temps : au CDI : faire un tour de table pour faire le point sur les qualités d’un bon exposé
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2ème temps : faire des groupes de deux : chaque groupe doit trouver une idée originale pour présenter l’exposé de façon à retenir le mieux possible l’attention de l’auditoire
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3ème temps : recherche des documents utilisables au CDI ou sur Internet pour la réalisation de l’exposé.
NB : ce 3ème temps peut faire l’objet de la prochaine séance d’AI selon la nature des difficultés des élèves (cf. comment rechercher ? que retenir ? comment organiser etc.)
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Inviter à l’AI les élèves qui ont des difficultés à mémoriser et/ou des difficultés à réciter devant un auditoire
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1er temps : faire un tour de table : pourquoi apprendre une poésie ?
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2ème temps :
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comment mémoriser une poésie : s’appuyer sur le sens, la progression du poème, les reprises sonores etc. ;
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examiner le fonctionnement de sa mémoire : mémoire auditive ? ou visuelle ? faut-il écrire le texte ? faut-il le mettre en geste ? le mettre dans sa tête en images ?
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apprendre collectivement les premiers vers ou les premières lignes
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3ème temps : comment vaincre sa peur de l’auditoire ? s’interroger sur les raisons de cette appréhension (ex. peur du jugement, peur de ne plus savoir son texte, peur de montrer ses émotions -pudeur- etc.) ; passer peut-être par des images pour « se faire disparaître » s’il s’agit d’un pbl de pudeur : ex. réciter une poésie, ça n’est pas s’engager soi mais d’abord servir un beau texte ; c’est aussi rendre hommage à celui qui l’a inventé ; c’est faire plaisir à autrui –cf. hors cadre de l’école- en lui faisant découvrir des mots bien arrangés etc. ; NB : on peut réaliser cette séance d’AI au théâtre si l’établissement dispose d’une telle installation : faire réciter le début de la poésie par chacun des élèves en leur faisant imaginer une salle comble…
Propositions de travail en atelier seconde : trouver d’autres hypothèses et proposer d’autres suggestions :
Ex. d’autres hypothèses : préparer la rencontre avec un écrivain ; préparer une lecture à haute voix d’un texte narratif ;
EN GUISE DE CONCLUSION :
« […]il convient de s’interroger sur l’activité réelle des élèves en classe, sur les activités concrètes auxquelles ils ont été confrontés, aux obstacles qu’ils ont levés, aux connaissances qu’ils ont acquises pendant l’heure. Qu’ont- ils fait ? Qu’ont-ils appris ? Ce sont là des questions essentielles auxquelles il est très difficile d’apporter des réponses précises. Leur prise en compte permettrait cependant aux professeurs de français de concevoir des séances dont ils ne seraient pas le maître d’oeuvre ou le compositeur, mais le chef d’orchestre qui délègue à chacun son rôle. L’examen attentif des classeurs, l’observation des séances révèlent que dans un nombre trop fréquent des cas, le temps de la classe est celui de la parole magistrale, du travail du professeur. Celui délégué au lycéen (devoirs, recherches, préparations, lectures) se situe hors temps scolaire… Un équilibre plus grand dans le partage des rôles est à trouver, faute de quoi la recherche de l’efficacité quantitative se fera au détriment de l’investissement, de la curiosité et de l’intérêt de chacun. »
Jean Jordy, « La mise en œuvre du programme de français en classe de seconde », 2003